vendredi 11 janvier 2013

Foufi, de Kiko


Mon premier contact avec la bande dessinée se fit à travers les bandes dessinées de ma soeur aînée. S'y trouvaient tous les Astérix, des Iznogoud, quelques Lucky Luke, beaucoup de Cauvin, du Peyo, des Spirou de Franquin (et, notable exception, L'Ankou de Fournier) et pas mal d'autres albums du catalogue de Dupuis. Vous aurez compris qu'au départ, je suis un enfant de l'école de Marcinelle, plus que de celle de Bruxelles. Ce n'était que chez mes grands parents que je pouvais lire Tintin, Quick et Flupke et Le Secret de l'Espadon, qui fut mon premier contact avec la bande dessinée réaliste. Parmi les autres séries Dupuis que j'avais à disposition, il y avait quelques épisodes de Sophie, quelques Boule et Bill, quelques Petits Hommes, des Vieux Nick... et Foufi, de Kiko. J'ai immédiatement aimé cette série typique de l'école de Marcinelle.
Sa principale originalité est d'être une des rares séries classiques à se dérouler en Arabie. A vrai dire, mis-à-part Ali Bébert de Bédu et Iznogoud, je n'en vois pas d'autres.
Sur le fond, Foufi possède toutes la caractéristiques d'une série du journal de Spirou: un
dessin rond, dynamique et peu avare en détails pittoresques dans la lignée de Peyo, un humour bon enfant et des histoires qui allient fraîcheur et gentillesse.

Dans une Arabie de légende, Foufi , un jeune garçon espiègle mais au coeur pur, reçoit un tapis volant de son ami le sheikh El Haoui. Mais un tel présent attire les convoitises, comme celle du méchant sorcier Galagalah, personnage gargamelesque en diable. De ce point de départ, Kiko conte des histoires pleines de fraîcheur et de poésie, qui me faisaient rêver quand j'étais môme. En relisant ces albums il y a quelques années, je me suis surpris à retrouver le même plaisir qu'alors, signe de la qualité de cette série.
 

Foufi fut animé entre 1965 et 1979 par Kiko, alias Roger Camille. Elle fut créée pour un journal libanais sous l'oeil bienveillant d'André Franquin avant d'arriver chez Dupuis, d'abord sous forme de récit illustrés dans la collection pour enfants Carrousel (3 volumes parus) avant de rejoindre les pages de l'hebdomadaire. Mais la série n'eut droit qu'à 2 albums, parus en 1968. Visiblement peu appréciée de l'éditeur, la série ne sera jamais soutenue et Kiko, sans jamais laisser tomber son petit personnage, va se recentrer sur des travaux publicitaires et d'illustrations. Il est d'ailleurs le créateur et principal animateur de Max le Lion, qui représentait les glaces Motta. Il faudra attendre la fin des années 90 pour que les éditions Point-Images n'exhument de nombreux récits restés inédits en album.

Un jolie série qui mérite d'être redécouverte, selon moi. En ces temps où les intégrales patrimoniales ont le vent en poupe, ce ne serait que justice que Dupuis réhabilite enfin cette pépite oubliée

1 commentaire:

  1. Comme vous, je partage ce sentiment de petits joyaux que Kiko nous a laissés. Nous sommes peu nombreux à pouvoir avoir la joie de les relire, et, en ce qui me concerne, je ne possède pas tous les albums de Foufi, et aucun en couleur, sauf une très belle gouache dédicacée par son auteur et dans certains recueils de Spirou qu'il me faut rechercher difficilement parmi la pile et là une page sur deux seulement est en couleur et encore elle est parfois un peu jaunie.
    J'espère que Dupuis, aura la bonne idée de sortir une intégrale de Foufi. Je suis sûr que la qualité de cette bande dessinée, (l'histoire, la gentillesse, l'explosion des couleurs, son intemporalité, en un mot le merveilleux), lui assurera le succès commercial escompté.
    D'autre part, le côté gentil arabe peut éveiller certaines consciences, plus ou moins jeunes ou pas, plus ou moins arabes ou pas. Et qu’enfin, la famille de Roger Camille, puisse percevoir si ce n’est déjà fait, la profonde reconnaissance qu'on a envers Kiko et d’autres enlumineurs de notre enfance et de celle des enfants d’aujourd’hui.
    Christian Macré.

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