Nous sommes plus de 700 ans après le triomphe de l'Allemagne Nazie.
Le monde tel que nous le connaissons a complètement disparu. Une nouvelle ère s'est installée.
L'empire Nazi a pris soin de faire disparaître toute trace du monde d'avant.
Désormais, le nazisme est devenu une religion qui vénère le dieu tonnerre et son messie, Hitler.
Hitler, géant aryen, blond aux yeux bleu, qui n'est pas né d'une femme, mais "explosé".
Dans le monde nazi, le culte d'Hitler se perpétue grâce au Führer et à ces chevaliers, les bien-nés.
Les juifs ont depuis longtemps disparu. Les chrétiens sont considérés comme moins que des hommes et à peine toléré. Les femmes, quant à elles, sont reléguées au rang de simple reproductrice, parquée dans des fermes où elles ne servent qu'à enfanter, si possible un maximum de garçons.
Swastika Night est une uchronie de plus.
Et si les nazis avaient gagné la guerre ?
Combien de romans, plus ou moins inspirés, ont brodés sur ce point de départ ?
Beaucoup.
Trop, sans doute.
L'originalité de Swastika Night tient à sa date de parution: 1937. Hitler venait d'obtenir les pleins pouvoirs au Reichstag.
Katharine Burdekin, écrivain féministe, s'inspire de l'idée d'un Reich de 1000 ans énoncé par Hitler pour imaginer le pire.
Publié à l'origine sous le pseudonyme de Murray Constantine, ce roman fut longtemps oublié avant d'être redécouvert en 1985, lorsqu'il fut réédité sous le nom de Katharine Burdekin. Il aura fallut 80 ans pour qu'il soit enfin traduit en français.

Derrière l'outrance assumée de sa dystopie, je ne peux m'empêcher de frissonner. Katharine Burdekin avait compris dans quelle spirale de folie meurtrière Hitler allait plonger le monde. Elle avait entendu les bruits de bottes. Elle n'était sans doute pas la seule. Et pourtant...
Pour excessif que soit le propos, l'histoire ne l'a pas fondamentalement démentie. La folie d'Hitler allait dans une direction qui pouvait déboucher sur le monde qu'elle décrit dans son roman.